[Editorial] Trahison

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Un homme d’état est un politicien qui se met au service de son pays
Un politicien est un homme d’état qui met le pays à son service
Notre chère patrie sent son cœur se déchirer. Impuissant devant l’ampleur des scandales qui se lèvent violemment comme des tornades en ravageant tous sur son passage. La BAI en est la première victime.

La population est surprise car l’alliance Lepep aurait vendu des rêves paradisiaques promettant d’assainir l’équilibre social, économique et même politique afin de conquérir le cœur de l’électorat et de gagner l’élection à n’importe quel prix. Une fois l’objectif atteint, le gouvernement Lepep avec à la tête, Sir Aneerood Jugnauth s’est prêté au jeu de la vengeance.

C’était un tournant dans l’histoire politique mauricienne. La confiance était grande et l’espoir était à son comble. On a vu comment les partisans de Lepep ont jubilé lorsqu’ils ont vu l’entrée en force de leurs représentants au parlement. Très vite ce régime en place a fait voir de toutes les couleurs à ses mandants. Ne sachant pas quel saint se voué, ils préfèrent se taire par peur de représailles en attendant le prochain appel aux urnes.

Le démantèlement de la BAI a provoqué un malaise sans précédent. Des milliers de personnes ont perdu leur argent investi dans cette entreprise. Des actionnaires honnêtes, plusieurs sont ceux qui ont investi à travers la bourse dans une compagnie qui ne donnait aucun signe de précarité, attendent toujours. Des employés innocents qui gagnaient leurs vies afin de subvenir à leur besoin et celui de leurs familles ont vite déchanté.

Le pessimisme s’est installé non seulement parmi la population mais aussi au niveau des investisseurs étrangers. Ils pensent que le pays est contrôlé par des groupes d’intérêts particuliers et dirigé par quelques gros capitaux. Si les renseignements précis de la cruelle réalité sur le terrain peinent à remonter jusqu’en haut, le media est sur le qui-vive pour alerter l’opinion publique tout en livrant des informations à chaud à chaque instant.

Les votes semblent trahis. Ils ont voté pour un gouvernement comme un garant du droit privé et de la liberté en toute confiance pour voir des réformes en profondeurs et des changements de mentalité qui seront bénéfiques à long terme. Ils croyaient fermement qu’ils auront désormais leurs mots à dire sans la moindre inquiétude, mais ils sont surpris par des scènes d’intimidations, de vagues d’arrestations, de représailles quotidiennes et du déclin de valeurs morales.

Les enquêtes sur le terrain révèlent clairement que les gens ressentent un profond sentiment d’impuissance et d’anxiété face à l’avenir économique qui se dessine à l’horizon. Un peuple ne peut pas supporter le dictat imposé par ceux qui ont hier mendié de porte en porte pour arracher son vote. Ensuite zot vine maharajah et zot merde ar ou. En d’autres mots ils se moquent de vous. Cette attitude a un impact significatif sur la vie de ce petit peuple. On entend des gens dire : « Je suis si petit, je ne peux pas changer la donne ».  Piétinés  par ce système social de paupérisation, répression et justice à plusieurs vitesses, c’est  une société visiblement en perdition qui traine le poids de la médiocrité du pouvoir en place. La peur commence à amplifier dans le cœur des gens. Auront-ils désormais leurs mots à dire plus particulièrement dans un pays où ils pensent que la parole appartient à la loi du plus fort?

Croyez nous que ces personnes qui vous envoient des messages à travers leurs plumes messieurs, ne sont pas des pyromanes. Ce sont des personnes qualifiées, experimentés et crédibles. Ils vous font des appels affectueux comme le miel. C’est à vous de savoir savourer ce miel doux. Vous êtes pris sous le feu. Au lieu de vous caresser dans vos sommeils, ils vous frappent à la tête pour vous réveiller et pour sauver votre vie, contrairement à ceux qui se font passer pour « sauveurs » et vous laissent périr. Détrompez-vous messieurs! Réveillez-vous et débarrassez-vous de ces carapates qui vous rongent à petit feu. Ce sont des destructeurs potentiels.

Si notre société bascule dans l’insécurité et la violence, ce sont les cris des naufragés sur un bateau en péril. Est-ce-que les responsables politique de nos jours, peuvent-ils reprendre la barre à temps ou bien attendront- ils le flot pour sombrer au milieu de ce vaste océan?

 

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